Perspectives : Changement de priorités
En 2025, la politique a été déployée en deux temps aux États-Unis. Au début de l’année, les droits de douane, les politiques migratoires et les mesures prises par le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) ont été une source de volatilité. Durant la deuxième moitié de l’année, des mesures ont été prises pour calmer les marchés, si bien que les investisseurs ont commencé à croire que les décideurs politiques américains feraient tourner l’économie à plein régime pour soutenir les prix des actifs et les secteurs critiques du pays. Compte tenu en plus de l’accroissement des dépenses en défense et en sécurité à l’échelle mondiale, ces conditions ont entraîné une vaste remontée des marchés au deuxième semestre de l’année, autant du côté des actions et des obligations que du dollar américain. Selon nous, les limites des politiques de relance deviennent plus claires : les gouvernements accordent de plus en plus d’importance à la sécurité nationale, à la résilience des chaînes d’approvisionnement et à la réindustrialisation au lieu de miser sur l’efficience des marchés, notamment en instaurant des droits de douane, en offrant des subventions, en investissant dans la défense et en prenant des participations dans des secteurs stratégiques. Par ailleurs, les banques centrales semblent moins enclines à soutenir les marchés à coup d’achats massifs d’obligations, préférant se concentrer sur les taux directeurs et la liquidité à court terme. Ces changements sont annonciateurs de conditions moins favorables à la prise de risque et plus propices à la volatilité.
Malgré toutes les mesures déployées, la production industrielle demeure en deçà de son niveau d’avant la pandémie aux États-Unis, et la faiblesse s’étend à la consommation, au logement et à l’emploi dans le secteur manufacturier. Étant donné les valorisations optimistes accordées aux titres américains de croissance et des secteurs cycliques, nous croyons que le bassin d’occasions sous-estimées est plus intéressant à l’extérieur des États-Unis, en particulier au Japon et dans certaines régions de l’Europe, où la croissance, les dynamiques d’inflation et le soutien budgétaire sont plus favorables.